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Georges Perros

Originaire de Douarnenez, Perros écrivait des petites tranches de vie sur des bouts de papier. Une oeuvre immense.

1959. C'en est trop pour Georges Perros. Le collaborateur de la NRF et lecteur pour le TNP quitte Paris pour Douarnenez, la mort de Gérard Philipe dans l'âme. Désormais, l'ombre estompe la lumière de la rampe, l'auteur des « Papiers collés » se fait une place ordinaire.

Au café où il bourre sa pipe, lampe son vin. Au stade où il soutient la Stella Maris en DH. Dans les ruelles qui glissent vers la mer, comme roule le ballon poussé par les enfants. Sur les petites routes enfin qui crèvent le bocage où le mène sa moto....

  • Entre deux tranches de vie, replié derrière son paravent, les volets clos, il abandonne sur du papier parfois cartonné des centaines de textes courts, des pensées, des livres inachevés, des poèmes et des aphorismes.  "Autant de valises à ouvrir après ma mort", dit-il, si sceptique que jamais il ne croit signer une grande ?uvre. "On écrit parce que personne n'écoute", aime-t-il à répéter. Il écrit donc pour bavarder,  "à la bonne franquette", un peu de lui, beaucoup des autres, de sa femme Tania, et de ses enfants. Il plaide pour une écriture fragmentaire. Aux livres, il préfère la note brève, la fulgurance à l'épanchement.

Un livre malgré lui

De ses textes résolument épars, le plus réussi reste sans doute "Les Notes" pour une préface qui ouvre les « Papiers collés » (1960-1978) et font de lui un théoricien de l'écriture.

  • On y trouve une confession qui signe son genre littéraire : « Moi, si jamais je vais au-delà de cinq pages, sans rupture de rythme, sans distraction tranchant le fil, c'est que je me serai endormi sur le papier. » S'il faut donc lui choisir une famille, c'est bien celle des aphoristes, de Socrate à Kafka. « L'intelligence tue », aimait-il répéter, rajoutant par souci de dérision « Encore un immortel ! ».

Georges Perros le Douarneniste était bien mortel ! Il repose désormais à Tréboul.

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Pratique

Les dates clés

1923, 23 août : naissance à Paris de Georges Poulot
1933 : découverte de la mer à Dinan
1939 : opte pour l'art dramatique à Rennes
1946-1950 : rencontre Serrault, Poiret, Le Poulain et Jean Grenier
1948 : rejoint la Comédie française puis le TNP en 1951
1955 : En vue d'un éloge de la paresse (Revue Monde nouveau)
1960 :  Papiers collés 1 (puis Papiers collés 2 puis Papiers collés 3 en 78)
1967 : Une vie ordinaire
1970 : dispense des cours d'ignorance à la Faculté de Brest
1978, 24 janvier : meurt d'un cancer du larynx, enterré au cimetière de Tréboul.

Pour en savoir plus

- A lire : Lire Perros, coll. Jean-Claude Corger (éd. PUL-1995); L'incognito de Douarnenez, de Gilles Plazy (éd. Scorff-1999).
A voir : le cimetière marin de Tréboul, le stade de foot de Douarnenez.
- Sur internet : Et aussi Le Père Georges, http://perso.wanadoo.fr/lofa/index_gperros.html

Commentaires pour Georges Perros

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En ligne 280 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le vendredi 9 janvier 2009

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish
Photo (panoramique fond de page) : Christophe ALLAIN