Nuit interceltique : Magie au Stade Rennais

De l'émotion, de l'enchantement. Samedi soir, les quelque 25.000 spectateurs de la première Nuit interceltique rennaise, sont passés par ces stades, et bien d'autres. Roazhon, la bretonne, mais qui ne compte même plus un bagad ; capitale de la Bretagne, mais en mal d'une solide identité culturelle, a succombé sans retenue au charme de la celtitude.

« La technique d'aujourd'hui permet de retransmettre avec qualité, sur de vastes espaces, les sons qu'auparavant le public ne faisait que percevoir et imaginer. Le chanteur n'a plus besoin de forcer sa voix. Il peut alors y mettre son coeur, son émotion », expliquait, vendredi, Alan Stivell, à la veille de cette Nuit interceltique. La voix d'Alan Stivell vient bien du coeur et elle a toujours la même, douce, puissance émotionnelle.

Ugent Martolod

Voguant sur les notes cristallines de la harpe celtique, elle a suffisamment de souffle pour franchir les espaces d'un stade et le faire chavirer. Alors que dire quand s'y ajoute celui d'une centaine de sonneurs, parmi les meilleurs bagadoù, pour gonfler à bloc les voiles d'un « Tri Martolod », ou plutôt d'un « Ugent Martolod » ? Car parmi ces sonneurs, les vingt (ugent, en breton) au bachi à pompon rouge du bagad de Lann Bihoué étaient, naturellement, venus l'encadrer sur la scène.

De la folie à la rêverie

Moments de pur bonheur, encore, toujours avec Lann Bihoué, soutenu par les cuivres de l'orchestre symphonique du Festival interceltique ; avec les danseuses irlandaises ; celles et ceux des cercles bretons ; ceux de Quimperlé évoluant sur une envoûtante mélopée aux accents orientaux issue du mariage du bagad Men Ha Tan avec les percussions africaines de Doudou N'Diaye Rose Junior. Moments de folie avec le violon de Dominique Dupuis ; de rêve avec les escapades pianistiques de Didier Squiban, pendant lesquelles le stade retint son souffle. Moments d'intense émotion, encore et de magie, pour le final où après avoir rendu hommage au vent, « le meilleur musicien de Bretagne », Dan Ar Braz et la chanteuse Elaine Morgan reprenaient les emblématiques morceaux de l'Héritage des Celtes et, avec Alan Stivell, la Symphonie Celtique.

Triomphe

Sous les ovations d'un public conquis, les bagadoù pouvaient alors entamer, autour du terrain, le plus triomphal des triomphes de sonneurs. « L'éventualité d'une deuxième édition dépendait de l'accueil du public », déclarait, à la fin du spectacle, un Jean-Pierre Pichard au sourire ravi. Il n'y a donc guère de doute sur le retour de la somptueuse scène en forme d'hermine, au printemps prochain, sur la pelouse du stade de la route de Lorient.

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En ligne 408 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le jeudi 4 décembre 2008

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish
Photo (panoramique fond de page) : Christophe ALLAIN