Triathlon. Tous derrière lui
Déjà capitale des Celtes, Lorient est également l'Olympe des hercules. Les triathlètes du monde entier savent maintenant la situer. Une célébrité due en grande partie à Éric Le Lostec, ordonnateur du championnat du monde 2007.
Quelques gaillards aux yeux cerclés de verres miroirs transpirent sur les rives du Ter, prenant la température des lieux, théâtre de leurs futurs exploits. Ils ne sont pas les seuls à se dépenser. Inspectant à droite, vérifiant à gauche, un homme franchit la ligne d'arrivée sans y prendre garde. Le portable soudé à l'oreille, il trace la route, un bénévole dans sa roue. « C'est bon pour la pasta party ? Tu as envoyé toutes les accréditations ? » Les questions fusent. Les réponses ne traînent pas. Pas de doute, le commandant du navire, c'est lui. Eric Le Lostec, la quarantaine rugissante, à la fois président du FLK (Foyer laïque de Keryado) et du comité d'organisation du championnat du monde de triathlon longue distance, ce week-end.
Des ambitions
L'événement planétaire a choisi Lorient pour atterrir. Un résultat qui ne doit rien au hasard, plutôt à la pugnacité et à la confiance des membres de la section triathlon du FLK et de leur président. « Il ne doute pas », explique un bénévole. Pas tout à fait le chef de meute aboyant les ordres, plutôt un leader d'hommes. « On a toujours été un peu ambitieux, mais dans le bon sens du terme : pour aller le plus loin possible ». Une force de conviction qui peut fasciner ou agacer, c'est selon. E Lorient, il fait la course en tête. Parfois, au déplaisir de certains, qui imaginent un Rastignac en baskets. Les autres, son équipe, les bénévoles, les amoureux du triathlon, louent ses résultats, ses capacités de leaders et son culot.
Petits mais costauds
Car il faut de l'audace pour débarquer au Japon, un film monté « à la maison » sous le bras, à aligner sur les superproductions made in US. Du cran, pour s'asseoir aux côtés de grosses organisations venues de Vancouver ou Melbourne, aussi. Et puis, de la hardiesse pour solliciter un entretien avec le président de l'ITU (Fédération internationale de triathlon), le Canadien Les McDonald. « Un Canadien d'origine écossaise », révèle Eric Le Lostec. « Plutôt que d'essayer de monter quelque chose d'énorme, on a voulu la faire le plus humble possible. Si on se montrait sous le même angle que les autres, on savait qu'on était cramé. On a misé sur la culture. Dans notre film, il y avait deux minutes de sport et huit autres sur le patrimoine, le cadre de vie, la culture celtique... ». Coup de bluff, coup gagnant. « Cet aspect culturel a marqué les esprits. Le président Les McDonald a été enchanté ». Le culot et la chance ne font pas tout. A domicile aussi, il a fallu batailler. Pour convaincre, déjà : « Je me bagarre pour dire que le triathlon n'est pas réservé aux athlètes de haut niveau. Tout le monde est capable de s'y mettre, il suffit de s'en donner le temps ».
Du triathlon par hasard
Il sait de quoi il parle. « J'ai fait pas mal d'athlé quand j'étais jeune. Puis j'ai arrêté le sport entre 20 et 30 ans ». Lors d'une petite soirée festive, il décide de rechausser ses baskets. « Un ami m'a mis au défi de terminer un duathlon découverte ». Tenu. Dix ans après, Eric court toujours, peut-être plus en compétition - « Je n'ai plus le temps, hélas » - mais après d'autres succès. C'est dit : Lorient accueillera une manche de Coupe du monde distance olympique, en septembre 2008. On n'a sans doute pas fini de courir... derrière Eric Le Lostec ?






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