Théâtre en breton : Investir la télévision, internet
Comment se porte le théâtre en breton ? Pas si mal que cela à première vue. Samedi, 80 personnes ont fait le point sur l'avenir lors d'un colloque à La Forêt-Fouesnant. De nombreux champs de diffusion restent à investir.
L'association C'hoariva créée en 2005 réunit une quinzaine de troupes, mais il est difficile de faire un recensement exhaustif de toutes les initiatives. Samedi à la Forêt-Fouesnant, l'état des lieux n'a d'ailleurs pas été très précis. Cela tient en partie à la difficulté de cataloguer les auteurs, acteurs et troupes de théâtre en breton, dont la production n'est jamais totalement faite en une seule langue.
30.000 spectateurs ?
Quelques têtes d'affiche illustrent la réalité de cette création. Strollad ar Vro Bagan (16.000 spectateurs annoncés, sept permanents et une dizaine d'intermittents) domine la scène bretonne, suivi de Teatr Penn ar Bed (3.000 spectateurs par exemple pour Mistero Buffo). Strollad Kallag, Strollad Plougin, etc. troupes le plus souvent composées de bénévoles. Le public est estimé à environ 30.000 personnes, ce qui n'est pas si mal quand on sait que le Théâtre de Cornouaille par exemple, scène nationale qui emploie 25 personnes, affiche autour de 50.000 spectateurs à l'année.
« Eduquer les enfants à la curiosité »
Le théâtre en breton semble bien assis, mais l'inquiétude est là. Le public est vieillissant et les jeunes ne sont pas ouverts sur le théâtre qu'il soit en breton ou en français. Les organisateurs du colloque avaient invité Fred Muller un auteur et metteur en scène alsacien, qui travaillent en « dialecte ». Il a évoqué une situation qui, si elle n'est pas aussi grave en Bretagne, donne à réfléchir. « Nous avons 300 troupes de théâtre en dialecte alsacien. Elles touchent 200.000 spectateurs par an. Et on y joue les mêmes choses depuis 100 ans : le même répertoire, les mêmes personnages... ». L'intervenant n'était évidemment pas dans cette mouvance. Du coup, ses créations, contemporaines, ne touchent guère un public populaire, traditionnel, âgé, qui risque d'emporter avec lui la langue parlée. « Il faut éduquer les enfants à la curiosité, a-t-il insisté. L'avenir est un problème d'éducation artistique pas de langue ». Lionel Buannic, animateur du colloque pouvait ainsi rebondir en constatant qu'en breton il manquait aussi bien des opérettes que des humoristes en one man show.
Des moyens à exploiter
L'avenir repose aussi sur les moyens. « Car assurer un avenir à notre culture coûtera cher, a dit Fred Muller. Les fers de lance seront obligatoirement les professionnels ». Tout le monde a rappelé que les créations en breton ne touchaient pas un centime de la Direction régionale des affaires culturelles (Etat). Et l'accès aux scènes locales importantes n'est pas aisé. Là aussi le champ des possibles est grand. La diffusion des spectacles se rationalise avec la création de l'association C'hoariva, les outils de diffusion comme la télévision, internet sont sous exploités. La nécessité de poursuivre et intensifier le combat culturel dans ces domaines a été soulignée par tous les participants, sur un ton très offensif. Les gens de théâtre ont l'habitude de parler fort et clair.





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