
Ce devrait être l'une des premières mesures du prochain gouvernement : la déduction du revenu imposable des intérêts payés pour l'achat de la résidence principale. « Ce dispositif va dans le bon sens », notent les professionnels bretons de l'immobilier. Mais, ils en attendent les détails pour juger de son efficacité.
Nicolas Sarkozy veut réactiver un dispositif abandonné il y a une dizaine d'années, mais qui ne concernait que les ménages imposables. Ceux qui ne le sont pas, c'est-à-dire les ménages les plus modestes, bénéficieraient quant à eux d'un crédit d'impôt. Tout en donnant un avis favorable, M e Pierre-Luc Vogel, président de la Chambre régionale des notaires de Bretagne, estime que, « prise isolément, cette mesure ne serait pas suffisante ». Selon lui, l'Etat, mais aussi les collectivités territoriales, devront parallèlement se donner les moyens de juguler l'inflation immobilière.
« Pour rendre la mesure efficace, les communes devront libérer des terrains à bâtir et modifier leur plan local d'urbanisme, pour détendre la tension entre l'offre et la demande », analyse Pierre-Luc Vogel. Un levier qui, selon le notaire, pourrait permettre, notamment aux jeunes, d'accéder plus facilement à la propriété. « Actuellement, leur choix est réduit, ils ne peuvent qu'acheter plus petit ou s'éloigner de plus en plus des villes ».
Les agents immobiliers espèrent que la réforme annoncée, qui doit être présentée dès l'été prochain, entrera en vigueur dans les meilleurs délais. « Elle va élargir le marché de l'accession à la propriété, mais il faudra aussi annoncer sans attendre que la loi est rétroactive pour clarifier les choses », commente Laurent Giboire, le responsable communication de la FNAIM Bretagne. « Et aussi pour éviter que les futurs accédants diffèrent leurs achats et bloquent le marché », souligne M e Pierre-Luc Vogel.
Le secrétaire général de la Fédération bretonne du bâtiment, Yvan Gegaden, se déclare « évidemment favorable » à une mesure susceptible de créer des emplois en Bretagne. Les professionnels se posent tous les mêmes questions : Le montant des intérêts déductibles sera-t-il plafonné ? Quelle sera la durée de la déduction, et sa limite ? Concernera-t-elle seulement les primo-accédants ou l'ensemble des futurs propriétaires ? Le prêt à taux zéro sera-t-il supprimé ? Les réponses fixeront les nouvelles règles du jeu.