
Les Douarnenistes, obstinés, n'ont pas voulu renoncer à la sardine lorsqu'elle a commencé à se faire volage. Au tout début du siècle, elle venait en baie ou n'y venait pas, selon son humeur. Pour le port des "penn sardinn", où la pêche et les usines de conserves ne comptaient que sur elle, les années sans sardine signifiaient chômage et misère.
Mais on a préféré ici concevoir des sardiniers polyvalents, capables d'aller traquer des espèces différentes en l'absence du petit poisson, plutôt que de s'orienter radicalement vers un autre type de pêche.
Cette évolution des sardiniers de la baie a conduit à la grande chaloupe pontée, construite dans les années 1910-1920. Ce modèle extrême devait être à la fois rapide et marin, pour pouvoir aller au large pêcher le maquereau. D'où sa grande taille et son pontage.
La grande chaloupe devait être ce que la voile pouvait donner de meilleur aux marins douarnenistes. Elle était à la fois une apothéose et un chant du cygne, la généralisation du moteur ayant entraîné sa disparition dès le milieu des années 20.
La grande chaloupe pontée est la première unité mise en chantier par le port-musée de Douarnenez. En effet, le musée ambitionne de développer sa flottille -constituée de navires anciens- grâce à des reconstructions à l'identique de modèles d'autrefois.
Le but de ces reconstitutions est bien sur d'enrichir le fonds du musée de navires neufs parfaitement aptes à naviguer . Mais il présente aussi l'avantage immédiat de créer sur les quais du Port-Rhu une remarquable animation continue.
Caractéristiques de la grande chaloupe pontée
Longueur : 13,50 mètres; largeur : 4,20 mètres; tirant d'eau : 1,80 mètres; surface de voilure : 110 m2; déplacement : 11 tonneaux. Lancement : mai 1993.