
Avant d'être la mer bénie des plaisanciers, le golfe était sillonné par de nombreux bateaux de travail : caboteurs, thoniers, chalutiers, "forbans" du Bono et autres misainiers d'Arz.
Mais le bateau qui a le plus marqué la vie de ces eaux est sans conteste le Sinagot (du nom des habitants de Séné).
C'est aussi ce type de voilier de pêche qui est resté le plus tard en exploitation puisqu'il a fallu attendre les années 50 avant que la motorisation ne mette un terme à leur carrière. Leurs formes particulières, aux volumes avant généreux et aux lignes arrières fuyantes s'achevant par un cul pointu, n'étaient guère propices à l'installation d'un moteur dont le poids modifiait leur carène au point de leur faire perdre leurs qualités nautiques.
On a compté jusqu'à 200 sinagots, dont la flottille en rangs serrés partait avec le jusant pour revenir avec le flot. Ils allaient en baie de Quiberon, jusqu'à Piriac, pour traquer le poisson plat au chalut à perche, pour draguer l'huître plate ou pour mouiller leurs casiers.
Les marins qui les armaient avaient une réputation de chapardeurs s'approvisionnant dans les basses-cours et les potagers de la région, et n'hésitant à bûcheronner dans les bois privés du bord du golfe pour tailler leurs espars dans ce "pin de croix", une essence qui autorisait ce gréement spécial des sinagos aux hauts mâts non haubannés. Deux de ces sinagos ont été construits par le chantier du Guip.
Le "Crialeis" (le vieux nom de l'île-aux-Moines) a été reconstitué sur le modèle du "Jouet des flots". L'autre est le "Mab-er-Guip", copie du "Vainqueur des jaloux".
Caractéristiques du "Jouet des Flots"
Longueur : 10,65 mètres; largeur : 3,20 mètres; tirant d'eau : 1,20 mètre; surface de voilure : 85 m2 (rnisaine, taille-vent et foc). Construit pour l'association "Pour un Sinagot Ilois".