
La tradition maritime est toujours vivante à Plougastel, comme en témoigne la flottille coquillière du Tinduff : le petit port de fond de rade est le dernier à maintenir une activité significative sur ce plan d'eau où l'on comptait une dizaine de ports actifs voici encore quelques décennies.
Mais la vraie tradition de la mer est ici plus ancienne que les plus vieux bateaux survivants. Elle remonte aux temps lointains où la presqu'île était presque une île, quand le pont n'était pas même un rêve et encore moins un projet. A cette époque, un vrai port se nichait dans la moindre échancrure du tracé du rivage. Le Passage, Kéralliou, Le Caro, Lauberlac'h, Le Tinduff : autant de lieux d'embarquement pour les passagers, les pêcheurs ou le fret.
Mais l'aller-retour vers Brest, c'était plus de 60 kilomètres au pas des boeufs, par des chemins aussi peu sûrs que mal carrossables. C'était aussi trois milles de mer clémente à parcourir, une petite demi-heure à bord de ces rapides chaloupes polyvalentes qu'on a appelées les "Plougastel".
Peu de localités ont ce privilège d'avoir donné leur nom à un type de bateau. Surtout un tel bateau, aux qualités reconnues sur tout le littoral du pays. Né sans doute au début du XVIIIe siècle, le Plougastel fait tant parler de lui qu'il a essaimé jusque dans la lointaine rade de Toulon, où il épatait les marins du cru par sa vitesse et son comportement marin.
Cette yole archaïque n'est-elle pas l'ancêtre des chaloupes atlantiques que l'on a ensuite trouvé dans de si nombreux ports bretons ?
Caractéristiques de la "Marie-Claudine"
Longueur : 9,60 mètres; largeur : 2,70 mètres; tirant d'eau : 0,96 mètre; surface de voilure : 55 m2; déplacement : six tonneaux; jauge : 7,5 tonneaux; budget : 540.000 F.