Vieux gréements
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Ouessant : la gabare de pilotage "Leier Eusa"

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Ouessant. Une île difficile d’accès aux abris précaires, plantée au bord de l’océan dans un coin mal pavé brassé par de puissants courants. Ce sont les pilotes qui ont donné à Ouessant sa grande tradition maritime, une tradition d’assistance, de sauvetage aussi, à la démesure de l’île du bout du monde.

Ses abords sont si dangereux et ses côtes dépourvues de vrai port sont si abruptes que Ouessant en a tourné le dos à la mer qui la baigne. Les hommes d'ici naviguaient ailleurs, au long cours le plus souvent, tandis que les femmes se livraient seules aux travaux agricoles.

Aussi, les Ouessantins n'ont-ils pas créé de type de bateau caractérisant leur île, où l'on pratiquait un peu de bornage (trafic marchand côtier) et de petite pêche. La tradition maritime de l'île a plutôt était créée par les pilotes.

Solidaire et téméraire

En allant par tous les temps, à bord de leurs petits voiliers, prendre en charge les navires à l'approche de leurs terribles côtes, les pilotes de "l'île sentinelle" ont illustré durant des siècles cette solidarité et cette témérité sans lesquelles pourrait être dressée une impressionnante liste des naufrages ouessantins.

François Le Vaillant est le premier de la longue liste des pilotes dont on a retrouvé la trace. Il opérait en 1711, mais le pilotage ouessantin était certainement bien antérieur à cette date.

  • Dès le début du XIXe siècle, la station est la plus importante de cette côte d'Ouest-Bretagne, avec ses quatre pilotes en poste. Ils sont bien placés pour aller embarquer à bord des navires venant de l'Atlantique ou venant de la Manche en contournant les îles et assurent ainsi la plupart des pilotages vers Brest, dont le trafic transatlantique à la fin du siècle. C'est le commencement du déclin pour la station ouessantine.

Pilotage

A partir de 1915, Jean François Stéphan exerce seul. Il le fera jusqu'en 1928, lorsque les stations côtières de Molène, Sein, Portsall et Le Conquet seront regroupées à Brest. Durant deux siècles d'activité, le pilotage ouessantin a armé nombre de chaloupes et de sloops, de pêche ou de cabotage.

  • Pour rendre hommage à ses pilotes, Ouessant a choisi de reconstruire une petite gabare pontée du XVIIIe, un élégant bateau aux lignes anciennes.

Manoeuvrant bien et calant peu, il est l'ancêtre direct des sloops de l'Iroise qui ne sont apparus qu'au siècle suivant. Son nom : Leier Eusa (pilote d'Ouessant).

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Pratique

Caractéristiques du "Leier Eusa" 

  • "Leier Eusa", inspiré d’une gabare pontée du XVIIIe siècle,  pratiquant le pilotage et le bornage, construit par le chantier Plasti-Bois du Conquet.

Longuer de la coque : 8,20 mètres (hors-tout : 12,40 mètres); largeur : 2,80 mètres; tirant d’eau : 1,20 mètre; surface de voilure 50 m2; déplacement : 6,9 tonnes.

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En ligne 222 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le vendredi 21 novembre 2008

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish
Photo (panoramique fond de page) : Christophe ALLAIN